Le barbu de sel et la sirène

Le barbu de Sel et la sirène

Portrait sanglant de Marie, un piratek de l'équipage du duizomad

Une aventure racontée par Marie Lattanzio

“Mettez les ensemble et ils se dévoreront tous. C’est la nature humaine… ou poissonnière.”

Aujourd’hui, l’histoire que je vais vous conter est une aventure incroyable, une odyssée 100% Piratek, pleine d’action et de drames. Enfin, drame, c’est peut être un grand mot. Vous jugerez bien par vous même ! 

Guillam, le Capitaine de Sel

Avant que je ne sois capitaine du Duizomad, il y avait à son bord un équipage purement masculin. Guillam, le capitaine, était un vrai marin de la vieille.
Vous voyez cette image, du gars, un bonnet sur la tête, avec des vieilles bottes de marée ? Le visage tanné par le soleil, et la barbe piquante à cause du sel marin ? Le silencieux, qui regarde l’horizon, au coucher du soleil, en se remémorant ses camarades avalés par les flots ? 
 
Voilà, vous avez saisi qui est Guillam.
 
Et cette histoire, il nous l’a contée un soir, chez lui, au coin du feu, sur la plage, alors que la lune était pleine. Et franchement… c’était fascinant, les flammes dansant sur son visage pendant qu’il narrait l’une des plus étranges histoires qu’il m’ai été donné d’entendre. 
 
Assez de suspens ! Laisse place au récit…
 
Portrait d'enzo furnion, capitaine du duizomad

Une tempête mortelle

C’était un soir de tempête en pleine mer. 
Guillam était seul à la barre, ses camarades partis se coucher. 
Le ciel était déchaîné, et les vagues s’éclataient sur le pont avec bruit. 
 
Il luttait contre sa fatigue pour réussir à tenir la barre, mais commençait à s’inquiéter. Il était de garde depuis déjà une dizaine d’heures, et il était exténué. Et puis, il était en train de s’approcher de la côte, et il savait que la zone était pleine de rochers. Et à part le tonnerre zébrant le ciel, aucune lumière. 
 
Et c’est là… Qu’il entendit une voix. 
Une voix rocailleuse, vibrant dans la nuit. Discordante, semblable à un violon désaccordé. Ou à un chat quand on lui marche sur la queue. Je vous laisse choisir le son qui vous parle le plus.
 
Et la mélodie démoniaque semblait se rapprocher. 
 
Guillam avait beau réfléchir, il n’avait jamais entendu son semblable en mer. Tandis qu’il cherchait vainement à savoir s’il hallucinait à cause de sa bouteille de rhum… Il la vit. 
 
Adossée à un rocher, une forme blanche. Et il en était sur, la voix venait de là. 
 
Et la tempête et le vent le projetait directement vers elle. 
 
bateau de nuit et dauphins montrant la vocation de duizomad piratek

Le chant des sirènes

Plus son bateau s’approchait… Plus il discernait ses traits… 
 
Une jeune…  femme ? Longue chevelure blonde flottant sur ses épaules au rythme du vent, le corps plantureux, qui se finissait par… Quoi ? Pardon ? Une queue ? Il n’en croyait pas ses yeux. 
 
Il se rappela alors des histoires de marins, des sirènes qui attirent par leur voix les marins perdus. Enfin, normalement, dans ses contes, elles avaient une belle voix… Ce n’était pas des chanteuses de karaoké à la voix de casserole.
 
Et puis… Un éclair transperça le ciel. 
Guillam avait beau se frotter les yeux… elle était toujours là, avec sa voix de crécelle.
 
Le bateau n’était plus qu’à quelques mètres d’elle… Guillam vu ses yeux d’un bleu profond, de la même couleur que les océans déchaînés… et il vit son visage se fendre d’un sourire… 
 
Non ! Il n’avait pas la berlue… Elle était belle… Mais, nom d’une pipe à queue ! Elle avait bien une queue ! Enfin, ça s’apparentait pas vraiment à la queue de sirène qu’on voit dans les films. Elle ressemblait plus à… Une queue de thon ? 
 
Et soudain… plus rien. le noir total. Et enfin, le silence. La voix s’était enfin tue. 
 
Le capitaine se dit que, tant qu’à mourir tué par une sirène, il aurait pu au moins en avoir une qui avait une belle voix et ne ressemblait pas à un thon. 

La femme du capitaine qui y met aussi de son grain de sel

Bon, vous savez très bien que l’histoire ne se finit pas là, vu que c’est Guillam qui nous a raconté cette histoire. Donc il est pas mort. 
 
Comme je vous l’ai dit, on était tous au bord du feu, à boire ses paroles, en se demandant “MAIS QU’EST CE QUI SE PASSE ENSUITE!”.
 
La femme de Guillam, qui était assise à côté de lui depuis le début de l’histoire, se leva alors, le visage rouge, et lui mit une claque monumentale, en lui criant “Espèce de con !”. Bon, sur le moment, on est resté sur le cul. On s’est tous jeté un regard en mode “jalousie, quand tu nous tiens…”, jusqu’à ce qu’elle continue…
“Tu veux pas arrêter de raconter aux gens que tu m’as prise pour un thon la première fois qu’on s’est rencontré ?”
 
Ok, là, on comprenait plus rien. Et puis… On a regardé plus attentivement la femme de Guillam. Grande, de long cheveux blonds, les yeux bleus couleur océan… “Mais ? Euh ? C’est vous ??? La sirène ?” 
 
Elle nous regarda tous attentivement. Laissa se suspendre le temps…

la fin de l'aventure

Elle nous annonça alors, très calmement : “Toute son histoire est vraie. Il était bien en mer, de nuit, et c’était la tempête. Et il était en mauvaise posture. Il allait s’écraser contre des rochers. Par contre la suite…
J’étais avec des copines au bord de l’eau, et on faisait un karaoké. Et j’ai une bien plus belle voix qu’il ne la décrit.” Elle fit quelques vocalises pour nous prouver ce qu’elle disait (honnêtement, Guillam avait raison à mille pourcent, elle avait la voix la plus horrible qu’on avait jamais entendu). 
“Et là, on a vu son bateau s’approcher des rochers. Du coup, je suis allée au bord de l’eau pour le prévenir. Et monsieur le pirate avait clairement abusé de la bouteille, et divaguait totalement. Il était complètement bourré. Du coup je me suis jetée à l’eau, je suis montée sur le bateau, et j’ai essayé de lui prendre la barre pour éviter le naufrage. Et vu qu’il était saoul, et qu’il me suppliait de ne pas le manger, j’ai fini par l’assommer. Et j’ai ramené le bateau au port. “.
 
En finissant sa phrase, Guillam l’a alors prise dans ses bras, et enchérit “Comme les femmes sirènes thons qui chantent mal ne courent pas les rues, et bien je l’ai épousée quelques mois après”. 
 

La morale de cette histoire :

 Pour vivre de belles histoires, il ne suffit que de quelques bouteilles de bon rhum. Pour éviter les casseroles par contre, rien ne vaut une bonne rasade d’eau.

Trinquons mes amis yoho,

Les pirateks du Duizomad.

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